Prologue - Enfance



22 Septembre 2217



- Merci d'être venu si vite.
- Elle est née, n'est-ce pas ?
- En effet. As-tu décidé ? Doit-on la tuer dès maintenant, avant que tous ne ressentent sa présence ?
- Non. Ce serait encore trop risqué. Son heure viendra, espérons qu'elle y soit prête.
- Comment pourrait-on jamais être prêt à cela ?
- Athéna est une déesse, mon ami, et notre plus intense cosmos demeurerait poussière en sa chevelure libre et flottante. Faisons-lui confiance.
- Bien. Peut-être ainsi… Peut-être aurons-nous une chance d'assister à leur réunion.
- Oui. Je dois avouer que j'aimerais en être témoin, moi aussi. De tout mon cœur.






Année sainte 2227



Grèce - Zeuxis


Une centaine de personnes entouraient le jeune Zeuxis trônant fièrement devant son tableau à dévoiler. Adulé depuis sa première toile, les artistes d'Athènes venaient en nombre admirer les nouvelles créations du peintre.


Si Zeuxis n'avait que onze ans, il n'en détenait pas moins l'art de se mettre en scène. Il monta sur une estrade et plaça un pinceau en face de sa bouche pour appeler le silence. Lorsque seul le chant des oiseaux s'entendit, Zeuxis retira sans un son le tissu couvrant sa toile.


Des raisins… Il avait fallu six mois à Zeuxis pour peindre… des raisins. Certes les couleurs étaient superbement agencées, mais tout de même… quel intérêt ? Leur perplexité fut bientôt levée : au milieu d'un silence religieux, des moineaux aventureux vinrent se poser sur la toile pour picorer les fruits. Ils s'acharnaient en vain à becqueter ces baies délicieuses. Zeuxis trompait les oiseaux.


Devant l'ovation du public, Zeuxis déclara : " Au nom des Arts, je donnerai vie aux natures mortes. "




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Amérique du Nord - Altaïr


Une année s'était écoulée depuis l'enlèvement d'Altaïr. Arraché à la tribu Oglala par les Blancs à l'âge de huit ans, le jeune Indien apercevait enfin le feu sacré de son peuple après des mois de travaux forcés puis des semaines de fuite. Un esclave s'avérait précieux en ces temps difficiles, un Indien représentait donc une parfaite occasion d'ajouter un travailleur à son effectif d'asservis. Les riches payaient chers la prise de nouveaux captifs.


Les Sioux dispersés en tribus demeuraient frères avant tout, ainsi aucune barrière ne séparait les cimes montagneuses, les forêts chantantes, les plaines fertiles et les gorges profondes de leurs territoires. La tribu d'Altaïr demeurait dans une caverne aussi large qu'un sourire, flanquée dans la montagne plus haut que les derniers bois d'altitude. Au bord du vide, le feu des Oglalas brûlait continuellement ; pas une intempérie ne rivalisait avec le don des Sioux pour maintenir le foyer et valser avec les flammes pour transmettre aux fumées l'apparence de messages. Si les dialectes indiens différaient d'une contrée à l'autre, ce langage de feu demeurait universel. Pourtant aujourd'hui Altaïr ne comprenait pas les signes de sa tribu.


Le garçon courait dans les bois sans un bruit, il épiait tout mouvement alentour. Il avait semé les gardiens, perdus les cinq hommes à sa recherche et évité les embuscades tendues sur son chemin.


Depuis son échappée des mines, un aigle veillait sur Altaïr. Le jeune Indien recevait la protection d'Anukasan, aigle noir, coucher de soleil annonciateur d'obscurité. Du haut des cieux, Anukasan repérait toute présence humaine et la signalait d'un cri discret à son protégé.


Une lueur de joie dans les yeux, Altaïr atteignit finalement l'entrée de sa grotte. Un brusque haut-le-cœur stoppa net sa course. Ses épaules se contractèrent, ses bras se mirent à trembler et des larmes s'échouèrent sur ses mains fatiguées. D'un cercle dans les cieux, Anukasan appela de lourds nuages pluvieux, linceul de mort des Oglalas.


Les tipis enflammés libéraient une forte odeur de sang. Les cadavres criblés de balles brûlaient en exhalaisons écœurantes de mort. L'Indien coupa ses tresses et les jeta dans les flammes en hommage aux esprits de sa tribu. Lorsque Altaïr découvrit les restes de sa famille, l'aigle Anukasan poussa un dernier cri d'alerte et d'adieu puis retourna dans sa demeure céleste.


Altaïr n'eut pas le temps de saisir son arc et ses flèches, déjà trois silhouettes de détachaient derrière les flammes, leur long fusil pointés vers lui. L'un d'eux cracha :


- T'es fait comme un rat sale peau-rouge.


Ils se mirent en joue et ne bougèrent plus. Ils restèrent un moment figés sur place, comme morts. Leurs bustes vacillèrent et se scindèrent, déchirés. Une simple brise semblait avoir eu raison des chasseurs.


Un homme aux cheveux gris avança de quelques pas. De ses épaules à ses chevilles plongeait une large cape aux couleurs de forêt verdoyante.




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Angleterre - Bayer


Bayer salait sa nourriture pour pallier la fadeur de sa vie. Enfant adopté par une famille bourgeoise londonienne, il ne se reconnaissait pas dans cette culture fermée, ces pensées paranoïaques enfermées derrière des murs à alarmes et des jardins clôturés de barrières électriques.


Curieux, Bayer rêvait de voir la vie de ses propres yeux. Certes il avait peur de ces " étrangers " dont lui parlaient Tony et Elisabeth, ses parents adoptifs. Il redoutait aussi que quelqu'un lui adresse la parole, car il ne devait aucunement parler à des inconnus. Eviter les coins sombres, les rues étroites, toujours être vigilant, bien tenir sa sacoche et ne pas oublier le cadenas. A la moindre alarme, se coucher sur le sol et fermer les yeux. La règle d'or, éviter tout risque. Rester chez soi autant que possible. Il y a déjà tant à faire…


Une fois ses parents endormis, le petit Anglais faisait le mur. Il désamorçait les alarmes et partait à la découverte de Londres. Chaque semaine il déambulait dans de nouvelles rues en espérant que personne ne le remarque dans son costume trois pièces. Ce soir, alors qu'il longeait avec appréhension une file de noirs et de gens habillés de pauvres habits, un étranger aux cheveux si gras qu'ils formaient de longues masses répugnantes saisit Bayer par la main puis tendit deux billets à un homme au sourire complice. Il entraîna l'enfant médusé dans une vaste salle aux éclairages verts, jaunes, rouges, chargée de fumée, emplie d'une musique incroyablement différente des opéras auquel il était habitué.


Sans comprendre ce qui lui arrivait, Bayer se retrouvait dans un concert de reggae. Bien vite, la fumée omniprésente grisa ses perceptions. Les tremblements de peur se transformèrent en vibrations d'harmonie avec la musique, et les rythmes chauds ballottaient le corps de l'Anglais qui se surprit à danser. Tout le monde semblait heureux ici, chacun se souriait avec complicité, s'offraient de longues cigarettes, rigolait et surtout, leur unité sous l'étendard de musiques pacifiques résonnait telle un battement de cœur dans l'esprit de Bayer. Avec un petit rire, il enleva ses chaussures cirées, il fit de sa cravate un turban et retroussa son pantalon en short. Bayer ferma les yeux, abandonné corps et âme dans une impensable transe musicale.


Inutile de dire qu'à son retour chez lui, la discrétion ne fut pas son fort. Oubliant que le portail était ouvert, il escalada les murs de la propriété et s'écrasa de l'autre côté au milieu des rosiers. Les habits déchirés, il s'immisça dans la maison endormie et réenclencha si bien l'alarme qu'elle sonna dans toute la demeure.


Consternés de découvrir leur protégé dans un tel état, Tony et Elisabeth décidèrent de le châtier immédiatement selon les règles.


Les mains liées, torse nu, Bayer s'apprêtait à recevoir les coups de fouet de celui à qui il devait respect et obéissance. De colère envers ce gamin dépravé, Tony frappa avec force et cria instantanément. Le fouet s'était retourné contre lui. Les dents serrées de douleur, il fouettait, fouettait encore, mais chaque fois son dos s'en trouvait lacéré à la place de Bayer. De rage il tenta de lui fouetter le visage. La joue déchirée, Tony s'évanouit.


Bayer hallucinait. Avait-il rêvé ou son père venait-il de se flageller ? Et qui est cet homme aux cheveux gris ? Les feuilles sur son bâton peuvent-elles se fumer comme celles du concert ?




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Turquie - Hipparque


 (1)" Le Chevalier Pégase était en train de succomber lentement dans les bras de sa princesse, au milieu de ses frères en larmes. Le silence dans lequel ce drame se déroulait était presque affligeant, mais lourd de sens. Personne ne put se résoudre à voir disparaître un tel compagnon. Seiya avait pourtant au coin de la lèvre ce petit sourire apaisé qui semblait signifier " qui d'autre plus que moi peut partir aussi sereinement ? " En effet, Saori était sauvée, sa sœur Seika, ses amis, son monde. Seiya avait réussi sa mission de Chevalier d'Athéna mais il le payait de sa vie. Tout Chevalier en connaît le prix. On pouvait lire sur ses traits toute la satisfaction du devoir accompli. Qui se sera relevé plus souvent que lui pour combattre ? Tous s'attendaient à le voir se relever encore une fois. Ce n'était qu'une épreuve supplémentaire, rien de plus. " Allons, debout Seiya ! Lève-toi ! Encore une dernière fois. " pensions-nous.
        Une larme de Saori perla sur sa joue et échoua sur le front de Seiya.
        Petite goutte d'éternité.
        A ce moment précis, le Chevalier Pégase s'est éteint. "


Hipparque referma les mémoires de Shun d'Andromède intitulées 'Saint Seiya'. Décidément, quelle histoire incroyable. A dix ans, Hipparque se délectait de ces textes fantastiques desquels il aurait aimé être un héros. Les contes apparaissaient toujours plus beaux que la réalité, surtout lorsqu'on débutait sa vie orphelin et qu'on la continuait sans plus d'encadrement que ceux des murs hérissés par notre propre conscience alimentée telle une rivière par la perception d'une communication de parole si limitée et d'un dialogue de l'esprit si étendu et constructif.


Par Saint Seiya, Hipparque s'évadait, soulageait les bouillants questionnements intellectuels de ses autres sujets d'étude afin de mieux y revenir. La science s'enfermait parfois si profondément dans les détails qu'une échappatoire restait toujours nécessaire pour briser ces frontières logiques et découvrir des concepts déstabilisants. L'opinion venait aussi s'ajouter à toutes ces incertitudes générées par tant de savoir. Plus Hipparque apprenait, plus il semblait rapetisser dans cet univers, conscient qu'il n'était qu'une poussière, et encore… notre planète ne serait-elle qu'un atome de la molécule galactique, qu'un électron de vie autour d'un trou noir mortel ? Comment savoir ? Dans quelle alchimie d'ouvrages se trouvent les pièces du puzzle maladroitement agencé ?


Malgré son jeune âge, des lectures quotidiennes et une observation fréquente du ciel amenaient Hipparque à des réflexions perpétuelles. Il tentait de lier science astronomique et Saint Seiya dans l'espoir de prouver scientifiquement l'existence d'un monde imaginaire.


Hipparque pensait tout haut, comme si entendre l'aidait à visualiser ses concepts.


- Artémis provoque de sa présence discrète la force des marées, Gaïa tourne autour d'Apollon source de vie… Si les jumeaux de Zeus partagent le même sang divin qu'Athéna, leur parenté aurait-elle une influence cosmique ?
- En effet. Ce phénomène est appelé la précession des équinoxes, c'est-à-dire le changement de direction de l'axe de rotation de la terre.


Un homme aux cheveux gris s'assis devant Hipparque. Il tenait à la main un bâton de chêne paré de gui et gravé de runes ésotériques. Un Celte…


- Cette variation est issue du couple de force exercé par la Lune et le Soleil. La précession des équinoxes entraîne vu de la Terre un changement de position des étoiles sur la voûte céleste. Selon la position des astres au moment où l'injustice menace notre planète, les constellations choisies par Athéna éveillent les armures des ses futurs protecteurs. Aujourd'hui la Justice appelle ses nouveaux chevaliers.




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Chine - Asae


- J'ai… j'ai froid…

- Encore dix minutes, Asae.


La neige battait les Cinq Pics de Chine, laissant tel un baiser glacial sa marque sur les cimes. Le vent soufflait en bourrasques et de bas nuages obscurcissaient les plaines comme un linceul tissé par Hypnos. Assise en tailleur au bord d'une rivière, légère comme les flocons n'osant pas même fondre sur ses épaules, Asae tentait d'atteindre une transe libératrice. Ses jambes bleuies à peine visible sous l'épaisseur de neige témoignaient de leur résistance vacillante par des tremblements inutiles.


- Je… j'en peux plus… j'y arriverai pas ! grelotta Asae.
- Très bien, baigne-toi et reviens.
- Merci…
- Ne me remercie pas trop vite. Dès ton retour tu termines cette épreuve ; le vent gèlera alors l'eau sur ta peau et les morsures glaciales pénétreront tes chairs irrémédiablement.
- Mais… protesta faiblement Asae, j'ai que dix ans !


Elle se rendit pourtant à la rivière et s'y baigna puis reprit sans gémir sa place sous les flocons épais, serrant les dents de peur qu'elles se brisent sous les à-coups de ses mâchoires. Chaque seconde pesait de ses centaines de sabres de glace sans parvenir à arracher à la jeune fille un cri de souffrance. Sa confiance en son père adoptif ne laissait place à aucun doute, ainsi Asae focalisait sa concentration sur l'enseignement dissimulé derrière cette épreuve.


A la septième minute, à bout de force, avant de sombrer dans l'inconscience et de s'effondrer dans la neige, Asae murmura : " J'ai compris… "



Du haut de ses huit décennies, Liao démontrait un dynamisme exemplaire. Quand elle ne travaillait pas dans les rizières, elle se rendait dans la demeure du sage et préparait ses repas ou entretenait les lieux comme sa propre maison. Sensible à la jeunesse et à l'amour lus dans les yeux de cet ancien chevalier, elle s'était attachée à ce vieil homme dont la méditation quotidienne occupait presque l'ensemble de ses journées.


Depuis l'arrivée d'Asae aux Cinq Pics, Liao prenait soin de cette petite avec l'attention d'une grand-mère, ainsi elle n'hésitait pas à exprimer son désaccord lorsque l'entraînement d'Asae se révélait trop éprouvant pour son corps frêle. Penchée sur sa protégée confortablement installée dans un lit chaud, Liao saisit la tête d'Asae et lui fit boire une potion fumante aux saveurs de bambou.


- Vous lui menez la vie trop dure, Shiryu. Asae n'est qu'une enfant et regardez-la, elle tremble de fièvre et ma concoction ne lui garantit le sommeil qu'après de longues heures. Qu'a-t-elle fait pour mériter cela ?
- Liao, je sais combien tu tiens à Asae. Sois sûre que je l'aime aussi… d'une façon différente. Depuis dix ans elle égaie sans relâche notre vie, irradie un optimisme et une insouciance que je me dois de préserver en lui accordant tant de temps libre où elle vagabonde en riant. Cependant, mon devoir est aussi de lui montrer la voix de son âme au-delà de ses perceptions.


La main posée sur le front d'Asae, Shiryu mit fin à ses spasmes pour la plonger dans un sommeil réparateur.




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Irlande - Oisin


Oisin poursuivait sa tournée des bars sous la pleine lune. Il pédalait comme un fou le long des routes d'Irlande, et rejouait dans sa tête les airs entraînant des pubs. Enfant de tous, ami de chacun, il aimait dériver d'un groupe de gens heureux à des musiciens inspirés. Dans le ciel d'Oisin scintillaient les étoiles de sa vie auxquelles s'ajoutaient celles de ses nouveaux amis.


Oisin freina brusquement. Un hérisson dormait au milieu du sentier, et ce ne fut qu'au prix d'une cabriole dans les buissons qu'Oisin parvint à l'éviter. Il s'ébroua comme un chat puis s'approcha de l'animal.


" Dis donc monsieur le hérisson, c'est pas bien prudent de rêver sous les étoiles ! "


A peine sa phrase terminée, un ricanement se fit entendre. Une pixie surgit des fourrés et s'empara du vélo délaissé. Quand Oisin se lança à sa poursuite, il entendit un nouveau rire, tout proche de lui. Le hérisson se transformait en pixie. C'était un piège, il aurait dû s'en douter ! Ces farceuses adorent voler les vélos pour les chevaucher sauvagement. La pixie tira la langue à Oisin et improvisa une courte danse de victoire. Ses cheveux bleus et en pointes battaient dans le vent alors qu'elle s'enfuyait dans la forêt.


L'Irlandais élancé à sa recherche fut rapidement semé. Pire, la route du retour avait disparu sans crier gare. " I've been pixie-led ! " pensa Oisin, un sourire aux lèvres. Une fée au dos couvert de touffes d'herbe s'amusait à le perdre. Mais Oisin connaissait les légendes de son pays, et savait comment lever le sort. Il retourna son manteau pour le porter à l'envers.


De nouveau sur le chemin, il n'oubliait pas que les fées demeuraient les plus malicieuses créatures de ces terres. Pour se protéger d'elles, Oisin cueillit du millepertuis et en orna ses habits.


Lors de son avancée, il découvrit un cercle de champignon. Certaines de ces couronnes occupaient la même place chaque année depuis plus de six cent ans… Sachant qu'il était plus prudent de voir les fées avant qu'elles ne vous voient, Oisin s'empara de primevères afin d'en déguster les effets. Ces fleurs contenaient un pouvoir unique : celui de rendre visible l'invisible. Et ce à quoi Oisin s'attendait apparut sous ses yeux.


En une ronde effrénée, un anneau de fées valsait et chantait dans le cercle de champignon. Des musiciens coiffés de feuilles jouaient de la flûte et des cymbales, des violons et des harpes, des tambourins et de la guimbarde. Tous dansaient sans relâche, ivres de plaisirs et d'extase.


Une fée rieuse enjamba une tige de séneçon et cria " Horse and Hattock ! " Son hippocampe des airs s'envola en spirale, vint frôler le nez d'Oisin puis s'évapora derrière un saule.


Ce n'est qu'à cet instant, après des heures de contemplation intemporelle, que l'Irlandais remarqua la présence d'un homme aux allures de chêne. Sa ramure était grise. Ses yeux reflétaient l'essence des forêts, le mystère des arbres nocturnes, le grincement d'une branche. Un druide…




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Suisse - Tito


Les engueulades ne surprenaient plus les voisins. C'était monnaie courante dans cet immeuble, et il devenait rare qu'une semaine passe sans entendre des éclats de voix d'un appartement ou d'un autre. La mère de Tito avalait d'une traite son quatrième whisky pendant que son fils et son mari finissaient en silence leur repas froid.


Le bulletin scolaire de Tito ne présentait pas des notes mirobolantes et sa mère en jetait encore la faute sur le laxisme de son géniteur apathique. Le père avait depuis longtemps appris à se taire, mais cela ne calmait en rien les fureurs de sa femme, surtout lorsque l'alcool envenimait ses propos.


Seulement, ce soir là fut différent. Une frustration trop longtemps contenue ? Une overdose de malaise ? Lorsque le père soupira à sa femme de lui foutre la paix, elle devint comme folle. Elle se jeta sur lui, le martela de coups de poings en lui hurlant de se réveiller, de bouger son cul et d'assumer enfin son rôle de mâle. Elle continuait à le frapper sans se rendre compte qu'une flaque de sang s'écoulait du crâne de son mari. Tito ne put s'empêcher de vomir à ce spectacle. Son père venait d'être battu à mort. Il sortit en trombe de l'immeuble et courut sans se retourner.


Il croisa les flics certainement alertés par ces délateurs de voisins. Sa mère serait emmenée en prison et n'apparaîtrait dans les faits divers des journaux que pour alimenter les ragots et la psychose de la ville. Elle passerait des années en tôle avec des cinglés, laissée à l'abandon au lieu que quelqu'un la prenne par la main pour essayer de la comprendre et de l'aider à redevenir cette femme douce et aimante qu'un jour elle avait été.


Au premier échafaudage croisé, Tito grimpa frénétiquement les échelles jusqu'à la tour de l'église, mais une nouvelle fois, selon l'adage " en chaque citoyen suisse il y a un flic qui dort ", un anonyme venait d'appeler la police.


A dix ans, Tito ne risquait pas lourde punition, mais il ne voulait que sombrer seul dans les limbes de l'oubli, effacer l'image de son père sans vie et de sa mère psychopathe. " Saloperie de vie " pensa Tito.


Quand les policiers atteignirent la tour, leurs torches n'éclairèrent que des fientes de pigeon.


- Encore une fausse alerte, s'exclama l'un des flics. J'en ai marre de ces connards.




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Nouvelle-Zélande - Maui-tikitiki-a-Taranga


Taha, Roto, Pae, Waho et Maui se camouflaient dans les forêts pluviales d'Aotearoa. Ils se cachaient derrière les fougères argentées en bordure de rivière, là où le coulis de l'eau dissimulait le bruit de leurs mouvements. Ils guettaient l'arrivée d'un Moa, ces grands oiseaux sans ailes n'ayant que leurs hautes jambes pour fuir. Il ne restait de cette espèce qu'une vingtaine de représentants chaque fois plus durs à dénicher. Mais les enfants avaient faim et la chasse les grisait.


A l'instant où Pae s'apprêtait à envoyer sa lance, le Moa s'affola et tenta de prendre la fuite, les pattes emmêlées de panique, et son cri de sang glacé lui brisa la nuque. Son regard figé témoignait encore de sa frayeur mortelle.


Roto et Waho ne demandèrent pas leur reste et décampèrent à toute allure. Le lézard géant Kaiwhakaruaki déchira les broussailles. Ce reptile albinos de la taille d'une maison terrorisait les Maoris depuis des générations. Il faisait partie des Taniwha, étranges monstres mangeurs d'homme.


Taha et Pae avaient trop peur pour s'enfuir. Ils semblaient pétrifiés comme devant le regard de Méduse.


Maui-tikitiki-a-Taranga, le plus valeureux des enfants, ne craignait aucun danger. Il jubilait à les affronter et savourait plus encore ses cris de victoire. Son visage couvert de tatouages apparaissait gravé de courbes forestières, de pointes acérées et de douces spirales. Ses muscles étaient déjà ceux d'un homme, si bien que pas un adulte ne se risquait à manquer de respect à cet enfant de douze ans à la puissance si précoce.


Lorsque Maui jaillit des fougères pour faire face au lézard, un rictus ornait son visage. Il fit ce à quoi le lézard s'attendait le moins : il se jeta dans sa gueule ouverte. Kaiwhakaruaki tenta de refermer ses crocs sur sa proie suicidaire mais Maui soutenait par la force de ses bras le palais du lézard. Il saisit la dent la plus pointue du Taniwha et l'arracha d'un coup. Il se jeta ensuite dans le ventre du monstre et planta son arme à travers la peau de Kaiwhakaruaki. Maui sortit couvert de sang par la faille béante du géant. Il poussa un cri de victoire, les yeux exorbités et la langue tirée en dernière insulte au vaincu.


Derrière le cadavre du lézard, les fougères s'agitèrent de nouveau. Maui redressa les épaules, en appela à ses amis qui joignirent leurs lances de chasse à la dent du monstre expédiée sur l'inconnu. Les armes se brisèrent sous l'impact sans le moindre effet. Lorsqu'un homme aux cheveux gris se révéla à la lumière, Maui discerna sous sa cape une armure aux reflets d'argent.




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Arabie - Sheliak


Son ombre le suit, comme d'habitude, seule présence inlassablement fidèle. Elle apparaît immense au matin, vole de dune en dune vers des horizons inespérés, puis au fil des heures elle ne cesse de s'amoindrir jusqu'à devenir un ridicule chaos d'ombres de jambes éreintées et de bras couverts de sang séché.


Des lambeaux de chair de son père soufflé par un missile parsèment les haillons de Sheliak, aussi secs que ses lèvres, aussi pâles que son regard aveuglé par un soleil omniprésent. Ses paupières ne se ferment plus sur ses yeux desséchés.


Une semaine de dérive dans le désert d'Arabie, une semaine d'espoir qu'enfin la mort vienne le chercher à son tour. Qu'importe dans quel enfer il sombrera, aucun ne peut être plus cruel que la Terre des hommes.


Marche-t-il encore ? Quelle monotonie l'attend maintenant ? Un plateau de sable infini ou une dune épuisante ? Sheliak ne veut plus savoir. Il s'assied au milieu du néant, et attend. Un vent brûlant souffle sur le désert. Le sable recouvre le corps de Sheliak, sa bouche, ses yeux ouverts, et stoppe les derniers ondoiements de ses cheveux.


Dans l'encadrement d'une arche de pierre, Sheliak ne sent plus son corps. Aucune souffrance ne le harcèle. La soif, la faim, la sécheresse du corps et de l'âme, et surtout, la peur… tout cela a disparu. Un pas et il est libéré du calvaire de la vie, de la peine inutile d'être venu au monde, de ses souvenirs comme autant de venins.


Un flocon de cosmos traverse les collines fleuries derrière le jeune Arabe, volette en douceur devant ses yeux aveugles et vient fondre dans sa main. L'enfant se retourne et de sa vue nouvelle discerne une silhouette, main tendue. Une aura blanche entoure cet homme, ce saint…




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Egypte - Neferia


Un homme aux cheveux gris fut annoncé au palais de Deir el-Bahari. De ses épaules à ses chevilles plongeaient une large cape aux couleurs de forêt verdoyante. Il tenait à la main un bâton de chêne paré de gui et gravé de runes ésotériques. Ses yeux reflétaient l'essence des forêts, le mystère des arbres nocturnes, le grincement d'une branche. Sous sa cape, une armure aux reflets d'argent.


Le vizir Rekhmirê accueillit le saint avec joie. Il l'escorta jusqu'aux chambres du palais puis l'entraîna jusqu'à un lourd rideau qu'il entrouvrit discrètement afin de montrer au visiteur une jeune Egyptienne en cours de danse.


- Voici Neferia, commenta Rekhmirê. Elle fut découverte aux portes de Deir el-Bahari il y a onze ans. A n'en pas douter, Neferia est la descendante de la déesse Hatshepsout. Sa précocité intellectuelle, ses capacités de mémoire et sa sensibilité en sont autant de preuves. A ses dix-huit ans, son destin la mènera sur le trône d'Egypte, alors la lignée divine des pharaons retrouvera sa splendeur perdue.
- En quoi puis-je vous aider ? demanda le chevalier.
- Neferia n'est pas en sécurité. Beaucoup en Egypte ont intérêt à ne jamais voir refleurir les ères pharaoniques. Je crains de ne pouvoir accorder ma confiance qu'à peu de personnes ici, et cette atmosphère tendue ne favorise pas l'éducation de Neferia.
- Vous désirez donc la cacher jusqu'à sa majorité.
- En effet. Le Sanctuaire d'Athéna est protégé du mal, et je connais assez votre réputation pour avoir foi en votre loyauté. Cependant vous devrez vous assurer que les habitants ne la remarquent pas. Parez-la d'un voile peut-être.
- Ces artifices ne seront pas nécessaires. Votre requête est un signe du destin qui ne me laisse aucun doute. Neferia mérite la meilleure des formations, celle qui lui apportera les capacités de se défendre en toute circonstance et d'œuvrer plus tard en votre pays selon des ambitions pacifiques. J'aimerais accorder à Neferia l'entraînement des saints d'Athéna.
- Cette proposition nous honore. Athéna est juste, et nos dieux respectifs sont certainement amis dans l'au-delà. J'accepte votre offre. Durant l'automne et l'hiver j'enverrai le scribe Senmout afin de poursuivre l'enseignement royal de Neferia, et dans sept ans, après des siècles d'attente, le peuple d'Egypte accueillera enfin son pharaon, esprit divin dans un corps de femme.
- Elle en a déjà la grâce, conclut le druide en regardant la danseuse.
- Neferia est le trésor d'Egypte. Je vous la confie, Myrddin d'Avalon.




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Grèce - Sanctuaire d'Athéna


Spectacle inhabituel à l'arène de combat du Sanctuaire, onze enfants discutaient, jouaient à s'inventer ceux qu'ils deviendraient, ceux sur qui le Destin était venu poser sa main en proclamant : " Suis-moi, je ferai de toi un Chevalier d'Athéna. "


Maui propulsa son poing dans le ventre de Bayer qui s'envola sur plusieurs mètres vers Altaïr assommé. Le petit Anglais s'écroula, les mains sur le ventre pour contenir sa douleur. Maui approcha et l'enjamba afin de prévenir toute tentative de retraite.


" T'as perdu ! " déclara-t-il, une lueur de fierté dans les yeux.


Sur les gradins, Tito arborait un rictus satisfait. Lui aussi battu par cet enfant déjà musclé comme un homme, il se rangeait naturellement du côté de Maui car chacune de ses victoires justifiait un peu plus sa défaite.


- On n'a pas le droit de se battre ! intervint Zeuxis de sa voix encore immature.
- On est dans une arène de combat, non ? rétorqua Maui. Viens plutôt te battre, Zeuxis, c'est pas en tremblant devant trois gouttes de sang que t'auras ton armure. Aller, viens m'affronter !


A côté du discret Elsighorn, Hipparque dessinait les constellations dont chaque soir sa mémoire s'imprégnait à force d'observation. Rigoureux, il légendait et datait chacune de ses esquisses. La lutte ne l'intéressait guère ; son excitation l'étreignait lorsque son esprit partait sonder les mystères de l'univers. Ses meilleurs amis, il les tenait dans la main : un carnet et une plume, afin qu'à chacun de ses pas il conserve la liberté de rejoindre les cieux de son imaginaire, les méandres de ses réflexions et les trésors miraculeux de la logique humaine.


Si Hipparque s'isolait parfaitement du bruit des combats, il perdit toutefois sa concentration au sein des rires de deux enfants atteignant l'arène à bout de souffle. En constatant l'absence de Myrddin, les fillettes partirent d'un fou rire qui laissa perplexe la plupart des garçons. Neferia et Asae prirent place sur les gradins, les mains sur la bouche et fuyant le regard de l'autre pour ne pas tordre une nouvelle fois leur ventre en ces contractions incontrôlables et douloureuses du rire.


Oisin, survolté à l'idée de se lancer dans sa formation de saint, ne tenait pas en place. Il chantonnait à loisir, il souriait et rêvait tout haut. Comment la vie pourrait être plus belle ? L'honneur et la gloire constituaient les pavés de son futur, et à voir ses nouveaux compagnons, une amitié prochaine déversait déjà en lui les saveurs des moments de bonheurs partagés entre amis.


En voyant Neferia prête à s'esclaffer de nouveau, Oisin déforma son visage en une grimace comique et l'effet attendu ne tarda pas. Les marches de l'arène firent de nouveau écho aux rires estivaux de Neferia, égyptienne aux allures de reine, au visage aussi frais et opaque que l'eau du Nil.


" Hé Neferia, dit Asae, on dirait qu'on est dans un théâtre et on est des danseuses, d'accord ? " Il n'en fallut pas plus pour lancer le duo en une danse improvisée. Au sommet de l'arène, les fillettes immergées de plaisir et de simplicité apportaient à ce lieu une inspiration pacifique. Maui s'assit et Altaïr resta allongé, les yeux perdus dans les nuages, les voix de celles qui porteraient bientôt un masque comme tremplin de ses pensées.


Le regard tourné vers les ruines de l'arène, Asae fronça les sourcils. Pourquoi cet enfant reste à l'écart sans même nous regarder ? Il a décidément pas l'air heureux, mais c'est pas une raison pour bouder dans son coin. Asae saisit une olive au pied de l'arbre séculaire du colisée puis l'envoya avec précision sur la chevelure dense et sans couleur du garçon… qui se retourna.


Aucun sourire ne perturbait ce visage. Sa peau hâlée exacerbait la blancheur de ses yeux assombris d'iris aspirant ceux qui s'y jettent, vides de toute manifestation de joie. Asae ne bougeait plus. Cette silhouette lointaine, intériorisant si calmement son énergie ; ces yeux néanmoins si proches, portes inaccessibles vers une âme étouffée.


- Laisse tomber il parle pas, intervint Neferia.
- AÏE !! Ça fait mal ! geignit Bayer à la vue du sang le long de sa jambe entaillée.
- Le colisée reste volontairement le seul endroit non rénové, prononça distinctement une voix que tous reconnurent. Seuls des guerriers s'y réunissent et ceux-ci n'ont pas à se plaindre de l'aspérité des roches.


Les enfants se turent. Dans un silence solennel ou seuls quelques insectes osaient rivaliser avec les chuintements du vent, Myrddin d'Avalon entra dans l'arène, son bâton de chêne à la main. Il ouvrait la voie au Grand Pope, représentant terrestre de la divine Athéna aux yeux pers. Derrière son masque aux teintes dorées duquel ne s'échappait aucun cheveu, le Grand Pope, que beaucoup croyaient immortel, déclara :


" Votre entraînement a commencé à l'instant où vous avez franchi les portes du Sanctuaire. Vous n'êtes donc plus des enfants, mais déjà les porteurs de l'honneur et de l'espoir, les garants de la justice au nom d'Athéna.

" Depuis l'aube de la Chevalerie, de simples hommes, de jeunes adolescents, ont porté les armures des chevaliers d'Athéna, gardés par leurs constellations et protecteurs de celles-ci. Chaque fois, sans exception, ils ont remporté la victoire. Beaucoup marquèrent l'histoire et perdureront à jamais dans les mémoires, dans les cœurs, et dans les armures qui colorent vos aspirations. Néanmoins, ne vous méprenez pas. Si ces cadeaux d'Athéna exacerbent votre motivation et seront les fouets et les caresses de vos efforts, rappelez-vous que ce sera d'abord à vous d'apporter l'espoir à votre armure, afin qu'elle rayonne en accord avec votre volonté, et que léger comme l'air, vous puissiez vous envoler, pourfendre le ciel de vos poings et de vos pieds entrouvrir la terre.

" Dans quelques temps cette misérable sensation purement physique de vos chairs lacérées par l'arène ne vous fera pas même ciller. Bientôt vous siégerez en ces lieux comme sur la plus confortable des mousses, car votre cosmos parviendra à faire abstraction de la douleur, à communier avec votre entourage pour s'enrichir des véritables sensations qui l'entourent et qu'il génère, afin de s'en nourrir, de résonner avec elles pour s'épanouir à l'infini. "


Le Grand Pope se tourna vers la montagne du Sanctuaire, domaine sacré dont l'accès était réservé aux saints. Des maisons magnifiques en parsemaient le flanc : les douze temples du Zodiaque, derniers remparts contre les forces du mal, habituellement protégés par l'élite de la chevalerie d'Athéna. Le silence du Pope laissa deviner la nostalgie de temps reculés, lorsque les chevaliers d'or aux armures abreuvées de soleil se trouvaient encore dans leurs temples.


" Les armures d'or ne sont plus. Depuis la dernière guerre sainte contre Hadès, leur souvenir demeure telle une lueur de vie dans la noirceur des Enfers. Quoiqu'il en soit, l'entraînement qui vous attend sera plus dur que ceux imposés aux précédents saints, car seule une dizaine d'armures d'argent se sont manifestées, le plus bas nombre de l'histoire de la chevalerie. Ainsi, même privés de l'honneur de porter une armure d'or, vous devrez faire jaillir cette gloire de par vos actes, afin de démontrer comme l'ont prouvé les anciens chevaliers de bronze que le rang n'est rien lorsqu'on est un protecteur de la paix, un sage des mains duquel s'écoule une justice paisible venant abreuver d'une fraîcheur saine les hommes apaisés et heureux.

" Tel est votre combat, telle est votre cause, et n'oubliez jamais, l'amour restera toujours la plus fidèle de vos armes. "


Le Grand Pope s'en alla, laissant à Myrddin le soin d'annoncer les lieux d'entraînements désignés pour chacun des apprentis.


" Zeuxis, tu vas en Italie. Hipparque, tu embarques pour Rhodes. Neferia, tu t'entraîneras en Corse, Maui en Ouganda, Bayer en Ethiopie, Asae en Chine, Elsighorn et Tito au Canada. Oisin, Altaïr et Sheliak, vous resterez au Sanctuaire sous ma tutelle. Enfin Saon, tu iras… Saon ? Où est Saon ? Comment ose-t-il ne pas se présenter aujourd'hui ? Décidément il ne changera jamais… "


Myrddin conclut : " Je vous souhaite bonne chance et courage, jeunes apprentis. J'espère tous vous revoir dans six ans. D'ici là, puisse Athéna vous inspirer. "



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Note

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(1) Extrait de " Le Sanctuaire de Nyx ", fanfiction de Stardust.


Scènes


Zeuxis
Altaïr
Bayer
Hipparque
Asae
Oisin
Tito
Maui
Sheliak
Neferia
Sanctuaire